Compte-rendu du marathon de Djanet 2002

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 Tout commence par un site découvert sur Sahariens .


Un marathon en plein désert algerien "j’y crois pas" Et bien si ça existe. Voilà les récits de cette aventure saharienne qui c’est déroulé sur 4 jours.


 

Texte de Morhand


 

Premier jour arrivée à Alger 10 ans que je n’avais pas mis les pieds dans la capitale. Tout et rien n’a changé, dès l’aéroport on sent un changement j’avais quitté l’Algérie avec l’intégrisme qui montait en puissance et je la retrouve plus calme et plus sereine .les problèmes sociaux n’ont pas évolués c’est vrai ! Mais on sent une envie de vivre de vivre libre.

L’accueil si redouté des douanes fut impressionnant de correction et de rapidité.

Pour ceux qui ne connaissent pas en 1991, il fallait en moyenne 6 six heures minimales d’attente au port.

Au dehors les gens sont comme ils étaient et comme ils seront toujours : sympas.

Quand je dis sympa c’est à dire polis, serviables et accueillants. Ce ne sont pas des tunisiens ni des marocains. D’ailleurs ils n’aiment pas ces comparaisons. Personne dans la rue ne vient pour vous demander quoi que ce soit, mais si vous demandez un service on vous le rendra volontiers.

Bon je ne suis pas là pour un cours sociologique mais j’avais envie de le dire.

Arrivée à l’hôtel en centre ville, beaucoup d’occidentaux. Des touristes ? Non des gens qui viennent travailler ici.

Deuxième jour départ pour Djanet à environ 1600km, arrivée en fin d’après midi. Deux avions ont été nécessaires pour transporter les 300 personnes qui font le déplacement

Là, je tiens à le dire, le vol était gratuit, offert par la KHALIFA AIRWAYS, sponsor du marathon et de l’Olympique de Marseille. Je les cite car ils ont été remarquables en tout point de vue.

Ce n’est pas de la pub, un vol gratuit ? C’est mon premier...

Le camp est de forme ronde, une trentaine de tente avec tout le confort, lits de camps, matelas, couvertures pour ceux qui n’ont pas de duvet. Le mien est resté à Alger sur le tarmac.

Tout le monde était excité à l’idée d’être là dans le sud… dans le désert…

La nuit comme toutes les autres nuits en cette saison fut très froide avec un petit vent glacé qui nous ferait presque regretter notre petit lit douillet. Ce regret est vite estompé par le levé du soleil sur l’horizon, il est 7h03 et le premier rayon vient nous lécher le visage et étaler nos ombres à l’infini sur le sable ocre. Mille fois répété, on ne se lasse pas de ce rituel

Je vous passe le petit dej : rien à dire.

Petite explication de la course. C’est un marathon étalé sur trois jours, ça c’est une idée géniale, le matin on cours 15km l’après midi ’’tourisme’’ Et là tout le monde peut courir, il y a 24 heures pour récupérer. Pour les gens comme nous, c’est extra, on peut faire la course.

Et puis faire 1600 Km faire 42km et des poussières puis rentrer le lendemain ça n’a aucun intérêt, mais là...

Bon je continue.

8h55 : tous les coureurs sont sur la ligne de départ, il y a une atmosphère de recueillement, de tension, de silence, presque pas de bruit. Est ce le lieu qui les impressionne ?

9H00 : C’est le départ, explosion de joie de tous les concurrents. La très grande majorité voit le désert pour la première fois.

Je ne vous raconterai pas toute la course, je n’en ai pas le talent, mais les impressions sont fortes lorsque vous partez devant en voiture et que vous les attendez plus loin.

Le groupe est disloqué, chacun son rythme. Il y a les champions, véritables métronomes, venus là pour gagner la course (richement doté : 1830 euros)

Les autres pour aller jusqu’au bout d’eux même. Vous êtes sur le bord de la piste, vous voyez les coureurs venir vers vous mais vous ne les entendez pas, la course est étouffée par le sable, vous n’entendez que leur souffle quand il passent à votre hauteur. Une course dans le silence. J’ai l’habitude de partir seul dans le désert, j’avais peur Que cette caravane altère l’ambiance féerique du désert. Il n’en fut rien.

Ce fut une course extraordinaire, là je vous parle de l’ensemble de la course. l’organisation fit en sorte que personne ne soit hors temps. les temps variaient de 45 minutes pour les premiers à plus de trois heures pour les derniers. 70 femmes et 153 hommes. 90% sont algériens et algériennes ; Incroyable ! Non ? Des femmes algériennes en plein désert en train de courir, souvent le mari est resté à la maison garder les enfants, répétez-le on ne vous croira pas.

La ville de Djanet est superbe, les gens très sympas. Un peu seuls en ce moment : peu de touristes, plus comme avant. Mais il y a des gens très motivés qui font bouger les choses avec leur moyens. J’ai sympathisé avec certains et je leur est promis de revenir cette année par la route. C’est tellement beau.

Bon. Je termine mon récit en complimentant l’organisation remarquable de ce marathon. J’ai rencontré des gens extraordinaires d’une motivation sans borne.

Tout fut extra, des douches chaudes en plein désert aux promenades dans le Tassili, en passant par les soirées au coin du feu.

Vous pouvez retrouver les images de ce récits sur le site que je lui est dédié : http://www.destination-dunes.com